France: « La Chloroquine est plus simple pour traiter le Covid-19, faut pas chercher midi à quatorze heures »! Docteur Didier Raoult

Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, le 26 février 2020

L’infectiologue de Marseille a décidé d’administrer de la chloroquine aux malades du Covid-19. Partout dans le monde, le remède intéresse. Mais certains médecins mettent en garde contre de « faux espoirs ».

1. Flegme

Pour lui, « la pire maladie du siècle [est] la peur ». Le directeur de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection (Marseille) n’est pas impressionné par le Covid-19 et comprend mal l’agitation qu’il suscite : en 2017, il y a eu en France une surmortalité de plus de 60 000 personnes due aux virus respiratoires, rappelle-t-il pour minimiser les centaines de morts constatées chaque jour. Pour lui, le coronavirus n’est pas tellement plus menaçant que les 20 virus respiratoires qui circulent déjà. « Soit il deviendra le 21e, soit il disparaîtra comme le SRAS. » Un flegme provocateur qui hérisse nombre de ses collègues. Le fait qu’il s’apprête à publier un livre en pleine crise (« Épidémies, vrais dangers et fausses alertes », Lafon) ne fait rien pour apaiser les critiques.

2. Conseil scientifique

Incontournable, il a été nommé au conseil scientifique Covid-19 mandaté par le gouvernement. Ce qui ne l’empêche pas de marquer sa dissonance. La situation, dit-il, « ne justifie pas des mesures dignes d’une catastrophe atomique ». Il juge que le confinement total est une impasse. Il suggère la voie coréenne : « Multiplier les tests, traiter les malades, n’isoler que les gens positifs. » « Il a mis ses couilles sur la table », commente-t-on dans les couloirs de l’IHU, selon « la Provence ».

3. Chloroquine

Le 25 février, il annonce que la chloroquine, antipaludéen bien connu (Nivaquine, Plaquenil), est « le traitement le moins cher et le plus simple pour traiter le Covid-19 ». Le 16 mars, il dévoile les premiers résultats de ses essais : sur 24 malades, les trois quarts n’étaient plus porteurs après six jours. « C’est l’antibiotique des virus, faut pas chercher midi à quatorze heures », résume le professeur, qui cite aussi des études chinoises. Des infectiologues mettent en garde contre les « effets d’annonce », les « faux espoirs », les « médicaments miracles ». « De petits marquis parisiens », rétorque-t-il. Le gouvernement, après avoir fait la moue, a demandé à l’Inserm d’explorer cette piste.

4. Immodestie

Raoult a beaucoup de qualités ; la modestie n’en fait pas partie. Il dit des trucs comme : « Les footballeurs ne sont pas tous égaux. Les journalistes savent ça pour les footballeurs, mais pas pour les scientifiques » ; « Je suis ce que les Américains appellent un “maverick” » ; « Dans mon monde, je suis une star mondiale » ; « Je suis scientifique, c’est ce qui manque dans ce pays. »

5. Inserm

Le pilotage des essais cliniques sur la chloroquine a été confié à l’Inserm, avec lequel Raoult a eu des relations en dents de scie. Il a reçu en 2010 le prestigieux grand prix de l’institut. Mais en 2018, Yves Lévy, alors patron de l’organisme public de recherche médicale, et époux d’Agnès Buzyn, a refusé de donner le précieux label Inserm aux recherches de l’IHU marseillais.

6. Navire

Didier Raoult en est sûr : la chloroquine est l’arme anti-Covid-19.

Marseillais depuis l’âge de 9 ans, il est né en 1952 à Dakar, au Sénégal. Père médecin militaire normand, mère infirmière bretonne. Lui, mauvais élève au lycée, est de la génération peace and love. A 18 ans, il s’engage sur un navire marchand pour deux ans. En 1972, il passe un bac en candidat libre puis fait médecine (les seules études que son père acceptait de financer). A 30 ans, il épouse une psychiatre. Ils ont eu deux filles (médecins).

7. Gaullisme

Sa tête de hippie est trompeuse. Raoult adore Napoléon, le très bon vin, il est gaulliste et sa plume va plutôt vers des médias classés à droite : « le Figaro », puis « le Point » et « les Echos ».

8. Recherche

Ses recherches en microbiologie sont impressionnantes. Il a identifié plus de 100 microbes, dont des virus géants. Il a réussi à cultiver les rickettsies (typhus). Il a redécouvert les vertus de molécules oubliées (vancomycine, colimycine). « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes », dit-il. Il a dirigé une centaine de thèses et doctorats.

9. Dureté

Monstre de travail, il est dur avec ses troupes. Le management n’est pas son fort, à lire la plainte rédigée par douze ingénieurs et laborantins en 2017. « Certains d’entre nous sont fréquemment rabaissés, moqués, humiliés, soumis à des propos machistes, à des attitudes déplacées, à des altercations verbales. »

10. Trump

Surprise, le 19 mars, Donald Trump a annoncé la diffusion immédiate de chloroquine (quelques heures plus tôt, Fox News avait mentionné les travaux de Raoult). « Ce sont des gens sérieux », a commenté l’infectiologue, satisfait.

Source: Nouvel observateur

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