France-Procès Laurent BUCYIBARUTA : Le journaliste «TABARO Jean de la Croix» est irréaliste et dépourvu de bon sens.

Laurent Bucyibaruta, lors d'une interview enregistrée pour l'émission Envoyé Spécial, en 2001

Le Journal en ligne «KTpress.rw» a publié récemment deux articles en langue anglaise sur le procès de Monsieur Laurent BUCYIBARUTA, ex-Préfet de la Préfecture de GIKONGORO, qui se déroule actuellement en France. Les deux articles sont signés TABARO Jean de la Croix.

Cet homme trop tendancieux donne une connotation péjorative au mot «Prêtre» ou «Padiri» utilisé par différents témoins de la défense, décrivant Monsieur BUCYIBARUTA Laurent comme un homme intègre, droit, humble, sociable et calme. Pour le journaliste TABARO, le comparer à un prêtre, cela signifie tout simplement que la personne en question est tueur, génocidaire, etc. étant donné que trois ou quatre prêtres se seraient méconduits pendant la tragédie qui a endeuillé notre pays le Rwanda.

Il a cité l’Abbé Athanase NYANDWI qui officiait à KADUHA, le qualifiant à tort ou à raison de génocidaire, alors que jusqu’à ce jour, ce prêtre n’a jamais été poursuivi par une quelconque juridiction au Rwanda comme ailleurs. À mon avis, jusqu’à preuve du contraire, l’Abbé NYANDWI jouit d’une présomption d’innocence comme tout autre individu, comme TABARO lui-même, aussi longtemps qu’aucune juridiction ne l’a poursuivi ni jugé, et n’a donc jamais été convaincu d’un quelconque délit.

Le journaliste TABARO a aussi évoqué le nom de l’Abbé Winceslas MUNYESHYAKA qui fut Curé de la Paroisse Sainte-Famille à Kigali jusqu’en 1994. Celui-ci a été poursuivi par par la justice française sur plainte de la famille GAUTHIER pour une implication présumée dans le génocide. Son procès s’est soldé par un non-lieu. Je me suis enfin demandé pourquoi ce journaliste se basant sur trois ou quatre cas de prêtres, et parmi lesquels la culpabilité de certains n’a d’ailleurs pas été établie loin de tout doute raisonnable, conclut sans aucune honte et sans scrupules que qualifier quelqu’un de prêtre signifie automatiquement quelqu’un de mauvais caractère?

Les militaires australiens lors de l’opération TAMAR à Kibeho par le FPR en 1995, ils ne faisaient que compter le nombre des réfugiés tués par l’armée de Kagame!

Dans notre pays, il y a combien de prêtres? Pourquoi les Chrétiens les approcheraient-ils alors pour leurs différents sacrements ou pour d’autres raisons? Et d’ailleurs, nous connaissons certains prêtres que le gouvernement du Rwanda a élevés au rang de Gardiens du PACTE (ABARINZI B’IGIHANGO). Parmi eux, l’on peut citer l’évêque actuel du diocèse de GIKONGORO, Son Excellence Emmanuel HAKIZIMANA. Ensuite, le journaliste TABARO a préconisé que Monsieur Laurent BUCYIBARUTA devrait avoir ordonné les tueurs (les miliciens INTERAHAMWE et quelques soldats ou gendarmes) à mettre fin à leur sale besogne à MURAMBI ou ailleurs.

Un proverbe du Kinyarwanda dit: «UTABUSYA ABWITA UBUMERA» (Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs)! Que le sieur TABARO nous dise, diantre! Par quelle magie un civil, même Préfet, de surcroît non armé, pouvait affronter ces INTERAHAMWE enragés et armés et les contraindre à stopper les massacres! Est- ce que TABARO peut convoquer dans ses souvenirs et se demander comment les soldats de l’APR commandés par IBINGIRA ont massacré plus de dix mille Hutu déplacés de guerre à KIBEHO en date du 22 avril 1995, et ce, en présence des soldats de la MINUAR qui étaient, eux, suffisamment armés? Pourrions-nous qualifier ces soldats de la MINUAR de criminels parce qu’ils ne se sont pas interposés pour empêcher une telle tragédie?

Je présume, pour ma part, que Monsieur Laurent BUCYIBARUTA n’aurait pas survécu s’il s’était hasardé à approcher les INTERAHAMWE pour les en dissuader, alors que ceux-ci le considéraient déjà comme un complice des Inyenzi pour, non seulement, avoir épousé une femme Tutsi, mais plus encore, pour avoir caché des Tutsi chez lui. La tentative aurait été hautement suicidaire. Dans un autre article publié dans «KTpress.rw», le même journaliste TABARO fait des éloges à Monsieur Jean Damascène BIZIMANA pour son témoignage contre Monsieur Laurent BUCYIBARUTA.

Est-ce que réellement Monsieur BIZIMANA Jean Damascène, très célèbre pour sa haine viscérale envers l’ethnie Hutu, serait digne d’éloges? Si TABARO n’est pas tendancieux, il aurait vérifié et analysé objectivement le témoignage de cet extrémiste inqualifiable et ancien séminariste qui ose dire aux rescapés du génocide que son parti politique est immensément plus digne de louanges que Dieu Tout-Puissant! BIZIMANA qui se trouvait au Burkina Faso au moment du génocide raconte dans son témoignage des faits auxquels il n’a pas assisté mais qu’il a appris par des sources indirectes.

Ainsi, quelle valeur probante pourrait-on donner à son témoignage? Et d’ailleurs, les propos de BIZIMANA Jean Damascène sont fabriqués de toutes pièces. C’est, par exemple, là où il se fait passer pour le cousin de KATABARWA, rescapé du génocide grâce à Laurent BUCYIBARUTA qui l’a caché chez lui, alors que, véritablement, il n’existe aucun lien de parenté entre les deux. Aussi, Jean Damascène a-t-il sciemment menti à la justice, conscient qu’aucune vérification de ses allégations ne saurait être faite, lorsqu’il affirmait que sa sœur aurait été violée à RUBONA dans la Préfecture de BUTARE alors que celle-ci n’a jamais franchi la rivière MWOGO pour se rendre ensuite à RUBONA dans la commune RUHASHYA. Au contraire, sa sœur a eu la vie sauve grâce à un voisin Hutu qui l’a cachée.

Ce Monsieur à qui le journaliste TABARO fait tant d’éloges s’est rendu ridicule en corrompant un certain KANYARUTOKI Jonas libéré récemment de la prison centrale de Butare pour avoir commis le génocide, à qui il a acheté un costume pour l’encourager à charger Monsieur Laurent BUCYIBARUTA des crimes qu’il n’a jamais commis. Ce KANYARUTOKI s’est vanté devant la cour d’avoir tué beaucoup de Tutsi et qu’il avait une concubine Tutsi à qui il a rendu visite à MURAMBI mais qu’il a laissée mourir là-bas, alors qu’il aurait usé de sa qualité d’INTERAHAMWE pour la sauver et la tirer des griffes des tueurs.

Jean Damascène Bizimana

Ce génocidaire KANYARUTOKI, un paysan de la commune MUKO a menti à la Cour d’Assises, en prétendant avoir assisté à une réunion de sécurité au niveau préfectoral en qualité de leader d’opinion, alors que le paysage sociopolitique de l’époque au Rwanda ne laissait que moindrement ces personnages émerger. Le témoignage mensonger de KANYARUTOKI n‘a surpris personne, car en 2005 il a témoigné contre les soldats Français de l’Opération Turquoise, alléguant qu’ils auraient largué plusieurs Tutsi dans la forêt de NYUNGWE, ce qui n’a pas eu lieu.

Par contre, plusieurs témoignages concordants confirment l’innocence de Monsieur Laurent BUCYIBARUTA, que selon sa nature, c’est bien un homme droit, intègre, juste, calme et humble, qui n’a aucun extrémisme ni discrimination en lui. Les charges portées contre lui sont de pures fabulations et des mensonges, et même les témoins à charge dans leurs différentes auditions changent leurs témoignages, d’où l’incohérence de leurs argumentations.

En effet, le journaliste TABARO ne devrait pas se laisser manipuler par ces extrémistes qui ne souhaitent pas une vraie réconciliation du peuple rwandais, se contentant plutôt de forger l’histoire afin de pouvoir marginaliser une partie de la population rwandaise. Nous voulons une justice impartiale et équitable pour toutes les victimes sans discrimination, ainsi que le devoir de mémoire pour toutes les victimes des tragédies qui ont eu lieu au Rwanda et en dehors de ses frontières. Celui qui a descendu l’avion du Président Juvénal HABYARIMANA où est péri également celui du BURUNDI, Cyprien NTARYAMIRA, reste et restera le premier responsable de la souffrance du peuple rwandais tout entier devant l’Histoire.

MBANZABIGWI Aimable, MBAZI- Nyamagabe