Génocide des Tutsi au Rwanda : la commission de recherche a rendu sa note à Emmanuel Macron

Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une rencontre avec des représentants d’une association qui lutte pour la mémoire du génocide au Rwanda, à Paris, en avril 2019

Le rapport, rendu à Emmanuel Macron dimanche, ne donne aucune information sur le contenu précis des archives étudiées par les membres de l’équipe. Une méthodologie stricte et rigoureuse mais aucune révélation pour l’instant. Comme elle s’y était engagée, la commission de recherche sur les archives françaises relative au Rwanda et au génocide des Tutsi a rendu sa note intermédiaire à Emmanuel Macron, dimanche 5 avril.

Attendue notamment par la communauté rwandaise de France, qui commémore à partir du mardi 7 avril les 26 ans du génocide, ce rapport – dont la version définitive doit être dévoilée en avril 2021 ne donne aucune information sur le contenu précis des archives qui ont été étudiées depuis quasiment un an et se contente d’expliquer la méthode de travail et les moyens dont elle dispose.

Le président rwandais Paul Kagame reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, le 23 mai 2018.

« On savait déjà qu’aucune commission, surtout si elle a été nommée par l’Elysée, ne pouvait édicter une vérité intangible et consensuelle, a déploré Patrice Garesio, co-président de Survie, une association qui analyse depuis 1994 le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. On souhaitait attendre son rapport final pour juger sur pièces de son indépendance. Mais il est choquant que dans son préambule historique, cette note d’étape présente comme positif le rôle de la France, parfois en contradiction avec ce qu’a déjà reconnu la Mission d’information parlementaire de 1998. »

« Cette note restitue le travail de toute une équipe organisée et unie, engagée depuis le début, mobilisée malgré le confinement pour remettre ce rapport de mi- étape en temps et en heure, a déclaré au Monde Vincent Duclert, président de la commission de recherche et chercheur et ancien directeur du Centre d’études sociologiques et politiques Raymond-Aron. La commission, par ce qu’elle développe ici, s’emploie à être à la hauteur du défi méthodologique et archivistique de la recherche qu’il lui est demandé de relever, et de la confiance des autorités qui ne s’est jamais démentie. »

Souhaitée par Emmanuel Macron « pour que le génocide des Tutsi prenne toute sa place dans notre communauté » et « pour un approfondissement de notre connaissance et de notre compréhension de cette entreprise terrifiante de destruction humaine », la commission d’études est chargée de faire toute la lumière sur le rôle controversé de la France au Rwanda, notamment au printemps 1994 où près de 800 000 Tutsi selon l’ONU ont trouvé la mort.

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