La Russie veut Asphyxier l’Ukraine par le sud !

Le port ukrainien de Berdiansk après un bombardement, jeudi 24 mars 2022. (photo AP)

Depuis le 24 février, l’offensive russe vise, en partie, le sud de l’Ukraine et les territoires situés à l’est, le long de la mer d’Azov. Si la Russie s’empare de cette bande terrestre, elle deviendrait maîtresse de la mer d’Azov, une victoire majeure pour Moscou. En Ukraine, la « guerre éclair » espérée par Vladimir Poutine n’a pas eu lieu. Depuis un mois, les troupes russes et ukrainiennes s’affrontent sur plusieurs zones : le nord, l’est et le sud de l’Ukraine. Au sud et à l’est, la Russie attaque des territoires qui bordent la mer Noire et la mer d’Azov.

Cette offensive s’étend sur une vaste bande terrestre depuis le Donbass, contrôlé en partie depuis 2014 par des séparatistes prorusses, jusqu’aux portes de Mykolaïv, en passant par Melitopol, Berdiansk et la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014. Moscou semble vouloir poursuivre sur cet axe : l’armée russe a annoncé vendredi 25 mars qu’elle concentrerait ses efforts sur l’Est de l’Ukraine pour permettre la « libération du Donbass ».

Le contrôle du sud-est de l’Ukraine depuis le Donbass aurait un avantage non négligeable pour la Russie, à la fois terrestre et maritime. « Si les Russes prennent toute la rive septentrionale de la mer d’Azov, celle-ci deviendrait alors une mer intérieure russe », explique Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut français de géopolitique (Université de Paris-VII) et chercheur associé à l’Institut Thomas More, contacté par France 24.

Mais l’armée russe n’en est pas encore là. La ville portuaire de Marioupol, lourdement bombardée, résistait encore vendredi, malgré une situation humanitaire catastrophique. Plus à l’ouest, du côté de la mer Noire, Kherson est la seule ville majeure conquise entièrement par les forces russes. Et les Russes « essayent toujours d’encercler Mykolaïv en ambitionnant d’avancer sur l’ouest, vers Odessa« , selon le ministère britannique de la Défense.

La conquête de l’intégralité de cette zone terrestre aurait alors des conséquences importantes sur l’Ukraine. Car Marioupol, Berdiansk et surtout Odessa sont des grands ports ukrainiens, par lesquels l’Ukraine exporte notamment des produits sidérurgiques et du blé. Pour le chercheur, « il y a, d’une part, la guerre à proprement parler, avec des affrontements armés et, d’autre part, un blocus naval, l’asphyxie économique et la volonté de priver l’Ukraine de tout accès maritime ».

La mer d’Azov est déjà de facto sous l’emprise de la Russie depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Depuis cette date, Moscou contrôle les deux rives du détroit de Kertch, qui donne accès à la mer Noire. La rive orientale du détroit correspond à la péninsule russe de Taman et la rive occidentale est située en Crimée.

Le contrôle de la mer d’Azov s’est ensuite renforcé en 2018 avec la création, par la Russie, d’un pont reliant les deux péninsules. « Dès cette époque, la Russie considérait que la mer d’Azov était une mer russe », précise l’auteur de l’ouvrage « Le Monde vu de Moscou – Géopolitique de la Russie et de l’Eurasie post-soviétique » (PUF, 2020).

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