RDC: agitation à Bukavu et dans le Sud-Kivu après le verdict dans le procès Kamerhe

Vital Kamerhe, président de l’UNC, l’Union pour la Nation congolaise, a compté plus de 86.000 électeurs à Bukavu lors des élections de décembre 2018. Sa condamnation a provoqué de vives tensions dans son fief électoral au Sud-Kivu.

Place Mulamba, devant le bureau de l’UNC, quelques minutes après le procès dit des 100 jours, des jeunes militants et sympathisants ont organisé une manifestation qui a été immédiatement dispersée par la police. «Je suis furieux car j’ai choisi Vital Kamerhe comme député national pour défendre le Congo, nous explique Michel Oganze, un des manifestants. Et ce jugement qui l’envoie en prison me met en colère… Pas seulement moi, mais le Sud-Kivu et tout l’Est. Apparemment, ils veulent la division de ce pays mais nous n’allons pas accepter cela ! »

Plusieurs activités ont été paralysées place Mulamba, et dans le marché de Kadutu où plusieurs dépôts et magasins ont dû fermer suite à l’agitation. Bien qu’il ne soit pas membre de l’UNC, Marc Yoshua, 36 ans, déplore ce jugement. Il espère que le salut de Kamerhe viendra, peut-être, des instances internationales. « Ce que vient de faire la justice congolaise n’est pas bien, nous confie-t-il. Nous demandons aux Nations unies de s’impliquer dans ce dossier pour voir ce qui peut sauver la situation, car nous avons suivi ce procès dès le début et nous avons constaté que c’est un procès politisé. La Monusco, les bureaux des droits de l’homme peuvent s’impliquer car nous avons encore besoin de Kamerhe ».

Pour le président de la Jeunesse de l’UNC/Bukavu, Fidèle Mugisho, ce procès des maisons préfabriquées ne devrait aboutir qu’à un jugement préfabriqué. Comme les avocats de Vital Kamerhe ont promis d’aller en appel, il espère que, peut-être, la cour d’appel fera la différence. « On n’a jamais connu un jugement où on condamne quelqu’un sans aucune preuve, sans aucun indice de culpabilité. Nous pensons que si les magistrats de la cour d’appel ne répondent au dictat politique, ils vont l’acquitter. Nous pensons que là, ils peuvent dire le droit ».

D’autres manifestations ont été organisées à Cimpunda, à Ciriri, à l’Essence Major Vangu, et à Chahi. La société civile et les autres formations politiques du Sud-Kivu se sont abstenues de tout commentaire jusqu’ici.

RFI

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