Rwanda. Les dirigeant·e·s du Commonwealth doivent s’opposer à l’accord raciste du Royaume-Uni sur les personnes demandeuses d’asile.

Les dirigeant-es du Commonwealth doivent prendre une position ferme et sans équivoque contre l’accord raciste et choquant sur les personnes demandeuses d’asile conclu entre le Royaume-Uni et le Rwanda, a déclaré Amnesty International le 17 juin 2022 en amont de la réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth (CHOGM) qui se tiendra à Kigali du 20 au 25 juin 2022.

«En essayant de se débarrasser de ses demandeurs et demandeuses d’asile au Rwanda, le gouvernement britannique se soustrait à sa responsabilité internationale au titre de la Convention relative au statut des réfugiés de protéger les personnes en quête d’asile, a déclaré Deprose Muchena, Directeur pour l’Afrique de l’Est et australe à Amnesty International.

« Les dirigeant·e·s du Commonwealth doivent prendre une position ferme et claire pour forcer le gouvernement britannique à revenir sur cette politique raciste, cruelle et dévoyée qui transfère au Rwanda sa responsabilité envers les personnes réfugiées et demandeuses d’asile. Les États membres doivent saisir l’opportunité de cette réunion à Kigali pour dénoncer cet arrangement inhumain et faire pression sur le Royaume-Uni et le Rwanda afin de mettre un terme à cet accord. Celui-ci menace de saper les mécanismes internationaux de protection des demandeurs et demandeuses d’asile. »

Le Royaume-Uni et le Rwanda ont signé un protocole d’accord le 14 avril 2022 qui établit un système de relocalisation des personnes demandeuses d’asile dont la demande n’est pas étudiée par le Royaume-Uni vers le Rwanda. Dans sa communication lors de la procédure d’examen périodique universel du pays en 2020, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avait soulevé des préoccupations sur les failles du Rwanda dans ses procédures d’asile, citant les privations arbitraires d’accès aux procédures d’asile pour certaines personnes, le risque de détention et d’expulsion des demandeurs et demandeuses d’asile sans papiers, l’accès discriminatoire aux procédures d’asile auquel sont confrontées les personnes LGBTIQ+, ou le manque d’assistance juridique.

Dans une analyse juridique publiée en juin 2022, le HCR avait conclu que l’accord Royaume-Uni/Rwanda ne répondait pas aux critères nécessaires pour être considéré comme un arrangement de transfert bilatéral légal et / ou approprié.

Article original a été publié par « l’Amnesty International »