Un prêtre prévient Ouattara: “Demain, les mêmes diront qu’ils ont été trahis par Satan”

Docteur en théologie, le Père Marius Hervé Djadji s’est prononcé sur le discours à la nation du président Alassane Ouattara, dans lequel le chef de l’Etat sortant s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Dans la lettre ouverte ci-dessous, le Père Marius Hervé Djadji exhorte le Président Ouattara à reconsidérer sa décision du 06 août et à se retirer tranquillement de la course à la présidence de la République.

Le Père Marius Hervé Djadji pose 5 conditions à Ouattara pour sortir la tête haute

1.le président, je prends la parole en tant que citoyen ivoirien, prêtre, donc celui qui est appelé à annoncer, à dénoncer et à proposer au nom de l’amour de Dieu pour un vivre ensemble dont vous avez fait votre devise de gouvernance. Donc je ne peux pas me taire quand le cultivateur se pose des questions sur l’avenir de ses enfants, quand la vendeuse de manioc a peur, quand les enfants s’interrogent sur leur sort, quand les plus fragiles risquent d’avoir un AVC.

Se taire est souvent bénéfique quand le langage du silence est parlant, interpelant et bousculant. Mais si se taire devient un mutisme coupable, une méditation de collabo, une façon de trahir ceux qui ne peuvent pas parler, ceux qui murmurent, en ce moment ceux qui ont un nom doivent publiquement parler selon Mgr Helder Camara Ed Camara.

Voilà pourquoi je parle au nom de ceux qui murmurent où qui peuvent perdre un poste ou un membre parce qu’ils ont osé parler alors que parler est le premier geste du bébé quand il rencontre le monde des vivants. Je précise que je parle en tant que Père Marius Hervé Djadji et non au nom de l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire qui a pour chef le président de la Conférence Episcopale.

Notre rencontre à Taabo Dans les années 1995, j’ai été de ceux qui, agacé par la mauvaise interprétation du mot ivoirité, avaient un penchant pour vous parce que vous étiez pour moi victime d’une machination politique. J’assume cela parce que le chrétien ne peut pas accepter les questions d’identité exclusionnistes.

En 2002, lors d’une tournée à Taabo, en tant que stagiaire, j’ai été celui qui vous a reçu au nom de la paroisse avant que le curé et le vicaire ne rejoignent la délégation dans la salle des réunions de la paroisse. On était dans le bureau du curé avec l’actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire en France.

J’ai rencontré un homme calme qui exprimait son amour pour la Côte d’Ivoire. Depuis ce jour l’on me traitait d’Alassaniste puisque c’est comme cela la Côte d’Ivoire. L’accession au pouvoir Le 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire va connaître une déchirure profonde avec l’avènement des rebelles. Selon ces derniers ils revendiquaient pour que vous soyez président de la République.

J’ai été l’un de ceux qui ont dit non à cette rébellion, dans la prière et à travers des réflexions parce que nous autres, avions pour seuls outils de combat, la prière et l’écrit. Notre éducation familiale et religieuse ainsi que notre culture ne nous conseillent pas de prendre des armes pour revendiquer. C’est ainsi que nous avons tous assisté à la pièce théâtrale de votre accession au pouvoir.

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